vendredi 29 avril 2011

Entrevue avec Jean-François Blais, un représentant qui mange du vélo.

 

J'ai pensé donner une tribune à un représentant cycliste bien connu des coureurs au Québec.  Évidemment pour vous faire connaître un peu le gars, son travail et son produit.  Après une vingtaine d'années dans le milieu cycliste je commence à connaître des rep's de plusieurs compagnies.  Mais comme ces temps-ci c'est lui qui s'occupe bien de moi, il a donc droit à son 10 minutes de vedettariat !

Il s'appel Jean-François Blais. Ancien coureur en vélo de montagne auquel il reste occasionnelement rattaché, coureur maître en route, père, chum et travailleur dans le domaine du vélo, ça entre mal dans l'idée de ce blog !



JF, parles moi de Trek-Bontrager, ton employeur, son positionnement sur le marché québécois et Nord Américain ?
JF : Trek a été fondé en 1976 par Richard Burke au Wisconsin, USA. John Burke, le fils de Richard est le Président de cette compagnie qui est toujours resté privé. Trek est parmi les plus grosses compagnies de vélos au monde. Que ce soit au Québec, dans le reste du Canada ou en Amérique du Nord, Trek a les plus grandes parts de marché de chaque territoire. Notre réseau de détaillants est bien établi et chaque détaillant offre une bonne visibilité de nos produits selon leur marché. Bontrager est une marque de pièces et accessoires qui appartiennent à Trek (roues, pneus, vêtements, chaussures, casques, pompes et tout accessoires reliés au vélo). On retrouve les produits Bontrager chez les détaillants Trek seulement pour leur offrir une certaine exclusivité.
Parles moi de PROJECT ONE ? C'est quoi ? Êtes-vous les seuls à faire une personnalisation cycliste comme ça sur le net ?
JF : Project One c’est la personnalisation de ton vélo Trek. Tu choisis ton cadre, ta couleur, ton groupe et tes composantes. Nous ne sommes pas les seuls à offrir des vélos plus personnalisés, certains petits ou moyens fabricants offrent une certaines personnalisation, mais dans les grosses compagnies oui nous sommes les seuls. Trek peut le faire parce qu’ils fabriquent encore certains modèles de carbone aux États-Unis. Tous les Project One pour le monde entier sont fabriqués au Wisconsin aux États-Unis. Pour plus de détails consultez http://www.trekbikes.com/ca/fr/projectone/
- Personnellement j’adore ça, j’me suis monté un bike de rêve à plus de 10 000 tomates ce printemps, j’ai imaginé envoyer mon # de carte de crédit et eu un petit (!) malaise mais hey, il était hot en cibole…et là un de mes grands chums vient de se l’acheter pour de vrai, avec les mêmes couleurs…arrrgggg !!!  Une chance qu'il est trop grand pour moi...
Comme représentant, quel est la grandeur de ton territoire ?
JF : Mon territoire est Cantons de l’Est, Montérégie, Ouest  de Montréal, Gatineau/Ottawa, Kingston, Peterborough et jusqu’en banlieue est de Toronto (Oshawa, Ajax, Markham, Newmarket).
-Territoire à peine plus gros que celui de la maudite marmotte qui fait des trous sur mon terrain…
Tu as gagné 2 titres de représentant de l’année chez Trek, dont un à titre de Rookie of the year je pense, comment de telles récompenses se sont retrouvées dans tes mains ?
JF : Chuutttt…. Ça arrive pas tout seul, c’est comme en vélo, faut travailler fort pour nos récompenses! 
-Ha tiens, c’est comme ça aussi avec nos blondes je pense…
Est-ce qu’il faut être un ancien employé de boutique cycliste ou coureur pour être un bon représentant ?  
JF : Plus un ancien employé de boutique qu’un coureur. Mais peu de représentants ont un ou l’autre et encore moins les deux. Ça prend une bonne compréhension du marché. Je pense que le fait d’avoir été copropriétaire d’une boutique fait de moi un bon représentant à l’écoute de ses clients et qui comprend bien les défis quotidiens d’un commerce de détail.
Beaucoup de rep’s travaillent pour plus d’une compagnie, ce n’est pas ton cas ? Le volume de vente est suffisant avec Trek ? Tes concurrents américains, comme  Specialized, Giant ou québécois comme Devinci, Garneau, Opus, Marinoni…est-ce qu’ils en vivent également tu penses ?
JF : La majorité des grosses compagnies de vélos ont ce qu’on appelle des ‘’house rep’’ parce que oui le volume et la charge de travail est suffisante. Moi je travaille pour Trek, je ne suis pas agent, c’est la même chose pour les gros fabricants. Pour les plus petites compagnies, souvent ce sont des agents qui ont plusieurs autres produits à représenter pour arriver à un ‘’package ’’ intéressant pour eux. Dans mon cas, j’en ai plein les bras avec Trek car Trek c’est aussi Bontrager pour les pièces/accessoires, chaussures, vêtements, casques, etc.… Mon rôle est aussi comme consultant auprès de mes clients. Donc je passe une partie de l’hiver et le printemps à donner des formations et établir des plans de match avec mes détaillants.
Parles moi de ton équipe de compétition Trek-Bontrager
JF : Trek-Bontrager est une équipe de vélo composée de Maitres A, B et C. C’est considéré comme une équipe régionale pour Trek ou équipe provinciale. Au Canada il y a nous, il y a l’équipe Sénior Trek/Red Truck en Colombie Britannique et il y a l’équipe Trek Store de Toronto en vélo de montagne.



Tu as recruté une équipe de gars pas mal sympathique afin de faire une équipe de compétition chez les maîtres il y a de ça 3 ans. Pour quelles raisons ? Trek te l’avais demandé ?
JF : C’est mon initiative et Trek a trouvé que c’était une bonne idée. Je trouvais qu’avec la disparition de Trek/Volkswagen, Trek manquait dans les courses au Québec. Une équipe Sénior demande beaucoup de gestion et de budget. Trek investi déjà beaucoup avec de la publicité de toute sorte au niveau international et n’ont pas de gros budgets pour des équipes provinciales. En gardant ça simple et un budget minime on arrive à offrir une belle visibilité.
Parles moi de ton équipe en général, ce que tu t’attends d’elle, qu’elles sont les différences avec une équipe sénior provincial ?
JF : Méchante belle gang. Les seules attentes que j’ai des membres de mon équipe une bonne présence aux courses pour offrir une bonne visibilité, garder une bonne attitude/respect envers les gens pour projeter une bonne image et d’avoir du plaisir. Si tout y est, les résultats viendront d’eux-mêmes. Faut que ça reste simple et faut que ça reste pour le plaisir. La force de notre équipe est l’unité et les raisons pour lesquelles nous faisons toujours de la course à l’âge que nous sommes rendus. La différence avec une équipe Sénior provincial est le temps de gestion que je n’ai pas à y consacrer et le budget aussi. Habituellement les Séniors ont des aspirations d’équipe du Québec, équipe Nationale, pour nous c’est très différents, on est là pour s’amuser tout en allant chercher des défis personnels et collectifs.


Personnellement, t’as quoi  41 ans ?  On te voit partout jusqu’au début juillet et ce depuis de nombreuses années sur la scène des courses cyclistes, qu’est-ce qui te garde motivé depuis tout ce temps ? As-tu changé de quoi dans ta préparation depuis 5 ans afin de concilier le fait de passer la quarantaine ?
JF : Ouch…. Tu fais mal avec tes questions! J’aurai 41 ans cet été… La majorité des courses sont de la fin mai jusqu’au début juillet. Avec l’arrivé du printemps,  les jambes me chatouillent toujours pas mal. J’essai d’aller rouler une semaine dans le sud avant le début des entrainements à l’extérieur mais la motivation vient tout simplement du plaisir que j’ai à faire du vélo. Je me sens bien sur mon vélo,  et c’est là que j’évacue beaucoup de choses. Être en forme et aller vite sur un vélo peut-être assez apaisant aussi, aller chercher un petit rush d’adrénaline en course est toujours une bonne dose de jeunesse! Ma dernière vraie bonne saison était 2007, en 2008 pas si mal non plus mais 2009 et 2010 c’était moins évident, est-ce vraiment la quarantaine qui frappe? Je ne sais pas. Ce que je sens par contre c’est que les excès sont moins possible, déjà entre 35 et 40 je vois une méchante différence. Je pense qu’une excellente forme est toujours possible même passé 40 ans, faut juste pas trop se laisser aller et commencer à se préparer plus tôt. Une belle source d’inspiration serait sans doute Stéphane Lebeau, à 50 ans il nous donne encore la leçon! Cet hiver et ce printemps ça semble aller, la forme est bonne et le poids est plus bas que jamais. On verra dans les courses comment ça va mais au-delà des courses il y a comment moi je me sens et je me sens bien, même à 40 ans! 
-Et à ce que l’on m’a dis à date de ta forme, t’aurais perdu 10 livres et 10 ans, alors j’passe mon tour avec toi pour un p’tit bout…et oui, entre 35 et 40, on la ressent, ou voit, la différence !!!
Comment arrives-tu à concilier ton travail sur la route, tes entraînements, ta vie de père et de chum ?
JF : Tu me donnes un paragraphe ou un chapitre? Un peu de discipline mais surtout le fait que le vélo est intégré dans ma vie. Quand je suis sur la route pour quelques jours j’apporte toujours un vélo, ça me donne l’occasion de rouler à des endroits différents. L’entrainement, faut pas se faire trop d’attentes, quand j’ai roulé entre 6 et 10 heures dans une semaine (incluant les courses) faut que je sois content parce que justement il y a d’autres choses dans la vie. Passer du temps avec ma fille de 9 ans que j’ai en garde partagée a toujours été très important, j’essai de pas faire exprès et partir faire une sortie de 4 heures avec mes amis la fin de semaine qu’elle est avec moi. Pour ma blonde, faudrait que tu lui poses la question… Je pense que j’arrive à bien balancer le tout, certains temps de l’année mieux que d’autres! On est allé à Cuba en novembre et c’est elle qui voulait emporter les vélos! Je voulais aller faire du vélo à Nice en mars cette année, elle est venu aussi, c’est de la belle conciliation ça! Et l’été on va souvent en famille faire du vélo de montagne à Burke au Vermont, tout le monde y trouve son compte.
On connaît tous les deux très bien la région du Lac Brome, quels sont les avantages et inconvénients de ce coin du Québec pour la pratique cycliste ?
JF : Inconvénients?? Je ne comprends pas ta question! À part la neige l’hiver, tout est parfait pour le vélo ici, et c’est pour ça que l’hiver le ski est super aussi! Il y a beaucoup d’avantages, le plus marquant c’est que quand je pars faire 2 heures de vélos, je clip en partant de chez moi et je déclip en arrivant chez moi 2 heures plus tard, pas de stop, pas de lumières, pas trop d’autos, un vrai 2 heures. Il y a aussi de super belles routes, de beaux paysages, de belles montées (Sutton est à 40 minutes en vélo, Jay Peak à 1h30). Ce n’est pas aussi beau que de rouler à Nice, mais presque…
-À la retraite on roulera ensemble sur la piste cyclable de l’axe Granby-Waterloo, presque plat comme une crêpe…ok ? J’me réserve le faux plat vent de dos à l’avant tout de suite.
Est-ce qu’il te reste des choses à accomplir dans le milieu cycliste que tu n’as pas encore fait ?
JF : Beaucoup et peu en même temps. Je pense que quelqu’un qui a accompli beaucoup de choses veut en accomplir d’avantage. Il faut apprécier ce qu’on a, ce qu’on a fait et continuer pour les bonnes raisons. J’ai l’impression que je fais du vélo et de la course pour les bonnes raisons, parce que ça me tente et parce que j’aime ça. Bien sûr que j’aimerais gagner des grosses courses comme Charlevoix et Sutton, c’est passé bien près en 2007 mais je n’ai pas de regrets, celui qui a gagné était juste plus fort à ce moment là et ça je ne peux rien y faire. Sinon je peux te sortir une liste de courses que j’aimerais gagner un Lachine, un Championnat Québécois, un Championnat Canadien et un Leadville 100. Pas obligé que ce soit tous dans la même année! ;-) Sans farces, je n’ai pas besoin de gagner des courses, tant mieux si ça arrive, mais quand je termine une course je veux que celui qui a gagné me regarde et se dise que je lui en ai fait baver.
 -On ne ramollit pas avec l'âge, en tout cas pas lui !!!

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